Une chose est sûre. En matière de mode, la Japonaise ne connaît aucune limite. Du tulle à la dentelle en passant par le similicuir, elle ose tout, au point que n’importe quelle fashion victime en serait désemparée. Qu’il est bon de voir que l’esprit Comptoir des cotonniers n’a pas envahi toutes les contrées. Qu’il est bon de voir qu’en matière de fringues, les filles sont libres des matières et des couleurs, sans risquer la moquerie ou le quand dira-t-on. Illustration.
Alors que la Française cache ses mi-bas sous son jean, qu’elle n’enfile d’ailleurs qu’en cas d’association jean-ballerines en plein hiver, la Japonaise, elle, a choisi l’exhibition. Oui, ça laisse des traces moches sur les mollets, mais qu’importe. Elle les porte noirs avec une minijupe. Portées également avec la mini, les cuissardes laissant dépasser quinze centimètres de cuisses nues en ce mois d’avril, où il a fait 6° toute la journée.
La Japonaise, et surtout la Tokyoïte ose tout. Elle porte de longs faux ongles rose nacrés, avec parfois de gros diamants en plastique collés dessus. Cette japonaise-là ne fait pas la vaisselle. Mais elle peut porter dans la journée une robe entièrement brodée de sequins en argent, associée à des collants étoilés et des chaussures à talons violettes. La Tokyoïte est excentrique et use de tous les artifices qu’elle a à sa disposition pour se différencier de ses acolytes. Strass et décoloration capillaire pour l’une, leggings en simili-cuir et robe par-dessus son short pour l’autre, qui pourrait d’ailleurs être taxée de mauvais goût dans nos capitales occidentales. Cuir rose clouté, résilles, bottes de ski et robe légère, la pire association est du meilleur effet. Parée, ou accaparée, de ses plus beaux atours, la Tokyoïte accessoirise au maximum. Mini peluches qui pendouillent des sacs à main, perles accrochées aux téléphones portables (dont les led rouges autour de l’écran clignotent quand elle reçoit un appel) écharpes à poils, casquette sous bonnet, elle repousse les limites du vestimentairement correct.
A croire que le port de l’uniforme pendant toute la scolarité a laissé des séquelles. Mais une telle liberté vestimentaire fait plaisir à voir, alors que tant d’autres libertés féminines restent à conquérir au Japon.

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